Cette nuit, une offensive militaire a été enclenchée par le Royaume-Uni, la France et les États-Unis contre le régime de Bachar el-Assad.

Tout d’abord, il faut savoir que cette attaque n’est pas étonnante, d’autant plus qu’elle s’intègre dans la continuité de la géopolitique occidentale au Moyen-Orient depuis la chute de l’URSS. Quoiqu’en répondent les présidents « progressistes » ou « en rupture », la politique reste sensiblement la même. Donald Trump voulait rompre avec l’interventionnisme obamien : il n’en est rien, il persiste et signe.

Les feux sont au rouge. Emmanuel Macron suit Donald Trump, probablement pour éviter d’être traîné dans la boue comme l’a été la France en 2003 quand elle refusait une solution militaire en Irak. L’indépendance est tout de même à revoir. L’atrocité d’une attaque chimique est indéniable, en revanche il serait probable que ce soit la pire décision d’Emmanuel Macron et de Donald Trump depuis leurs deux prises de pouvoir. Car en attaquant la Syrie sans même la fin d’une enquête impartiale et neutre et sans l’aval de l’ONU, on ouvre une boîte de Pandore comparable à celles ouvertes en Irak, en Afghanistan, au Guatemala, au Chili, au Vietnam, en Corée, etc… soit comparable à tous les territoires où les États-Unis ont mené une politique qu’ils faisaient passer pour noble. Maintenant que l’on a frappé, nous pouvons faire une enquête impartiale sur les armes chimiques ? La blague, « il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué », très bien alors il ne faut pas frapper la Syrie avant d’avoir la certitude que le régime a usé d’armes chimiques. La guerre amène la guerre. Mais, quelles en seront les conséquences ?

La Russie répondra ?

La Russie, alliée du Régime syrien, avait annoncé qu’elle détruirait tous les missiles tirés contre le régime. Les Russes auraient bien répondu aux États-Unis.

Quelle sera sa réponse ? À l’heure où la situation entre ces deux puissances sont « pires que pendant la Guerre froide », selon Donald J. Trump. Ce matin, le Kremlin a annoncé la convocation d’une réunion d’urgence du conseil de sécurité des Nations-Unies.

«La Russie convoque une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU pour évoquer les actions agressives des Etats-Unis et de leurs alliés», a annoncé le Kremlin dans un communiqué. RT FRANCE

S’engager dans une pente si glissante n’est pas la solution pour la Russie et d’ailleurs pour le camp adverse non plus si ce n’est pour l’écoulement de nos stocks de missiles.

Si escalade il y a, cette guerre pourrait être comparable à celle en Irak, rappelons tout de même :

« Une guerre, qui, in fine, a emporté de très nombreuses vies – plus de 100 000 côté irakien, 4 485 côté américain – et grevé singulièrement l’économie de la première puissance mondiale avec un coût estimé à… 4 000 milliards de dollars, note le Time. » Le Monde.

Dans un contexte si tendu, il est temps de se poser les bonnes questions : sommes-nous en mesure d’être les gendarmes du monde ? Est-ce vraiment profitable à la France de s’ajuster sur la géopolitique américaine ? De nos jours, en sommes-nous capable ? Américanisée jusqu’au bout, à l’heure où la Chine achète du pétrole en Yuan, ne serait-ce pas le bon moment pour s’émanciper des États-Unis, au moins sur le pan militaire ?

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